leïla, la petite dernière

rubrique : divers
par : jeangab.
le samedi 16 août 2008.
Tags : chienphotoaurore
Pour une fois que je me lève tôt (5h30, ce qui est un horaire classique pour le photographe de paysage / nature, mais pas pour moi), j'échafaude l'idée d'aller vers les champs situés non loin de chez moi, avec l'espoir d'immortaliser dans les premiers rayon du soleil, le lièvre parfois si capricieux à fixer sur la pellicule, enfin sur le capteur de mon apnterme générique designant les Apareils Photos Numérique.
Tout semble aller pour le mieux en ce début de journée, ayant déjà avaler mes 50 cl de café laborieusement écoulé de la machine entartrée, une heure vient déjà de passer, il est temps de partir.
je me dirige vers mon véhicule, le soleil commence à pointer ses premiers rayons aux travers de quelques nuages, une bien chouette journée se prépare.

Me voila dans la voiture, direction les champs, je baisse la vitre et sort le bean bagpetit sac rempli d'haricots que l'on utilise pour poser et stabiliser l'objectif, que je pose sur la portière, le canon 40D est à mes coté, muni de son sigma 70/300, si un lièvre se présente, je suis prêt pour l'immortaliser.
Un premier lièvre me coupe le chemin, je tente un cliché, mais pas de chance, j'ai arrêter trop tard, le coquin s'en va, me laissant que la tache blanche de son croupion en souvenir.
Pas grave me dis-je, les lièvres, c'est pas ce qui manque ici, tu as juste à trouver un autre endroit et tu devrais faire la photo du siècle, voir même du millénaire si t'as un peu de chance.
Enchanté par ces douces prédictions, je continue donc mon chemin, certain de trouver le lepus tant convoyé, à portée d'objectif et dans une lumière parfaite.
Dire qu'ils étaient absent serait un grand mensonge, des lièvres, j'en ais vu, mais malheureusement de loin, trop loin pour mon modeste 300mm ou alors dans une mauvaise lumière...
Pas grave, ce n'est pas la première fois que je rentre bredouille (ou brocouille, si l'on est du bouchenois) d'une expédition dans nos campagnes, un petit sursaut de fierté me fait penser à un dépôt de fumier (et oui, on a parfois la fierté mal placée tongue), ou j'ai l'habitude de croiser des bergeronnettes qui y trouvent de multiple insectes à se mettre sous le bec.
Allons tenter notre chance de ce coté, une bergeronnette, c'est peut être pas un lièvre, mais à défaut, je pourrais peut être tirer un bon cliché de cet oiseau bien sympathique.
longeant ce dépôt, je ne peut que m'étonner des moeurs de quelques uns de nos concitoyens, qui considèrent que toutes surfaces naturelles est forcement une décharge à gravats, vieux débris, pneus usagé et autres poubelles.
Il faut vraiment en vouloir pour aller jeter ses déchets en campagne, de nuit (car ils n'ont, bien sur, pas la franchise d'agir en plein jour) alors qu'une déchèterie les accueillent 500 m plus loin.
j'avoue que ce type de comportement m'horripile au plus haut point, et qu'il ne vaut mieux que je ne tombe pas sur un de ces personnages en plein agissement, au risque de m'emporter plus que de raison.
leïlaCela étant, je scrute de l'oeil le tas fumant, espérant y trouver la bergeronnette qui sauvera ma matinée mal commencée, et c'est juste à cet instant que j'aperçois une petite boule de poils enroulée sur elle-même, profitant de la chaleur dégagée par la décomposition pour se rechauffer un peu.
C'est un petit chien errant, visiblement à bout de force, dont on peut lire l'extrême détresse dans la lueur de ses yeux sombres.
Par chance, j'ai toujours dans la voiture un peu d'eau fraiche et une gamelle qui abreuve mes chiens durant les longues promenades que j'entreprends quotidiennement avec eux, mais celui-ci n'a visiblement pas soif, à la vue de son état, je n'hésite pas une seconde, et décide de l'emmener vers des jours meilleurs, écourtant par cette décision ma sortie.
Ramené à la maison, première constatation, ce n'est pas un mâle comme je l'avais cru au départ, mais une petite femelle , son état, quasiment cadavérique, m'inquiète au plus haut point : combien de temps a t'elle put passer comme cela, probablement plusieurs mois. Mais face à la gamelle remplie, elle se montera d'une gloutonnerie qui lui a certainement fait défaut depuis de long jours.
Abandonnée lâchement parce que devenue gênante au moment des vacances (il fallait peut être réfléchir un peu avant, un animal n'est pas un jouet que l'on achète pour combler un caprice), ou simplement égarée, je ne pourrais jamais répondre à cette question, même si la date me fait plutôt penser à la première hypothèse, elle ne porte aucun tatouage ou collier permettant d'identifier ses anciens propriétaires.
Leïla (c'est le nouveau nom qu'elle porte) à été officiellement adoptée le 16 aout 2008 par notre famille et vit depuis, la vie qu'elle aurais dut mener, celle d'une petite chienne affectueuse qui nous comble par sa gentillesse et son obéissance.
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